
C’est le branle-bas de combat chez les mystiques ! Au Maroc, la très feutrée Zaouïa Kadirya Boutchichia, d’ordinaire plus adepte de la méditation transcendante que du combat politique, découvre les joies de la guerre des tranchées.
Rabat – Al Ousboue
Au cœur du cataclysme : une poignée de soufis rebelles qui ont décidé d’envoyer valser l’autorité très « légitime » du Cheikh Moulay Mounir El Qadiri Boutchich. Leur crime de lèse-majesté ? Tenter de saboter, voire de boycotter, la grand-messe de l’année : la conférence de la Fondation du Forum Mondial du Soufisme. Un raout d’envergure qui devait célébrer dans la communion le 15e centenaire de la naissance du Prophète, sous le thème hautement stratégique de « La Commanderie des croyants et la préservation de la tradition prophétique ».
Photoshops et dévotion
Pour mener à bien leur sainte fronde, nos dissidents n’ont pas lésiné sur les moyens profanes. Exit l’élévation spirituelle, place aux travaux pratiques : les voilà qui se sont mués en apprentis graphistes pour falsifier de fausses pages de journaux nationaux. Une technique de propagande digne des plus grands spin-doctors, mais version bureautique.
Pendant ce temps, droite dans ses babouches, la lignée officielle refuse de se laisser impressionner par ces hérétiques du copier-coller. Contre vents et marées, le cap est maintenu : la conférence aura bien lieu. Reste à savoir si le Cheikh parviendra à ramener ses brebis égarées sur le chemin de l’illumination, ou s’il faudra envoyer un comité de relecture pour vérifier les coupures de presse.
Note de la rédaction : Le soufisme mène à tout, à condition de tenir le coup… Cette guerre fratricide risque de mettre à mal la confrérie. Affaire à suivre… Encore une fois !



