
C’est ce qui s’appelle prendre un sacré foutoir. Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) vient de publier un rapport qui va faire grincer des dents dans les ministères, mais probablement pas ralentir les bolides. Dans le viseur de cette docte assemblée : la NARSA (Agence Nationale de la Sécurité Routière), dont le bilan ressemble de plus en plus à un constat amiable rempli à la va-vite après un carambolage.
Rabat – Al Ousboue
L’exception marocaine (mais par le bas)
Alors que nos grands esprits administratifs se félicitaient d’avoir pondu un « arsenal juridique moderne », entendez par là de jolis textes de loi bien reliés qui prennent la poussière sur les étagères, la réalité du bitume, elle, refuse obstinément de rentrer dans les clous.
Quelques chiffres pour égayer l’ambiance :
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10,5 décès pour 100 000 habitants sur les routes marocaines en 2024.
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À titre de comparaison : 3,4 chez les Néerlandais et 3,2 chez les Suédois. Visiblement, nous n’avons pas le même sens de l’aventure.
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+80,4 % d’accidents. Un bond prodigieux qui prouve au moins une chose : l’économie automobile se porte à merveille, même si le parc auto explose autant que les statistiques hospitalières.
Piétons et deux-roues : les cibles prioritaires
La prime au plus fort : Sur le tarmac national, mieux vaut être assis dans un blindé que de marcher sur ses deux jambes. Les piétons et les deux-roues représentent plus de 60 % des victimes.
Face à ce carnage quotidien, que préconise le CESE ? Une « refonte des infrastructures » (comprendre : boucher enfin les cratères qui servent de chaussée) et une « éducation aux comportements civiques ». Tout un programme. En attendant que les conducteurs apprennent la courtoisie et que les routes cessent de ressembler à des pistes paris-dakar, la NARSA va pouvoir méditer sur cette maxime : avoir un code de la route, c’est bien ; s’en servir, c’est mieux.
D’ici là, attachez vos ceintures, et si vous êtes à pied… courez vite.Traverser la rue est-il devenu un sport extrême au Maroc ?



