
C’est le grand miracle Marocain. Prenez 12 milliards de dirhams d’argent public, injectez-les généreusement dans le secteur de l’élevage pour « stabiliser » le prix du méchoui, et contemplez le résultat : le kilo de viande rouge escalade joyeusement les sommets, oscillant désormais entre 100 et 120 dirhams chez le boucher. À ce tarif-là, on ne sait pas si le cheptel est nourri au grain ou aux feuilles d’or, mais le consommateur, lui, est bel et bien plumé.
Rabat – Al Ousboue
Face à ce mystère digne des plus grands alchimistes, les troupes de l’opposition à la Chambre des représentants (USFP, MP, PPS et PJD) viennent de secouer leurs puces. Finie la sieste. Ils réclament à cors et à cris une commission d’enquête parlementaire pour comprendre comment une telle montagne de cash a pu s’évaporer sans que le prix du gigot ne baisse d’un centime.
La thèse officielle : On aide les éleveurs. La réalité du panier : On engraisse surtout les portefeuilles.
Dans les couloirs du Parlement, les mauvaises langues de l’opposition pointent déjà du doigt les suspects habituels : les « lobbies de l’alimentation animale ». De sacrés estomacs, capables d’avaler des milliards de subventions publiques sans jamais souffrir d’indigestion, pendant que le citoyen doit contracter un crédit à la consommation pour s’offrir un mouton.
Reste à savoir si la majorité gouvernementale va ouvrir les portes de la bergerie pour laisser les enquêteurs fouiller dans la mangeoire. Rien n’est moins sûr : au royaume des intermédiaires rois, on n’aime pas trop qu’on vienne bousculer les vaches à lait.



