
Ah, la politique sous les palmiers du Souss ! Ses amitiés de vingt ans, sa solidarité cimentée à l’huile d’argan… On pensait Mustapha Baitas indéboulonnable, lui qui veillait sur le temple (et le tiroir-caisse) du siège central du parti avec la dévotion d’un moine soldat. Vingt piges à cirer les bottes du patron, Aziz Akhennouch, ça vous donne normalement un droit d’aînesse.
Rabat – Al Ousboue
Mais voilà, en politique business, les sentiments, ça ne rapporte pas de dividendes.
Au moment de distribuer les galons pour la direction, le Grand Patron a sorti sa calculette. Exit le fidèle Baitas, prié de retourner à ses communiqués de presse lénifiants. Exit aussi Mohamed Aoujar, renvoyé à ses chères études de vieux sage. Place au vrai profil de l’emploi : Mohamed Chouki.
Pourquoi ce grand chelem de la Realpolitik ? En interne, les mauvaises langues murmurent que le Souss historique pèse bien peu face aux gros dossiers économiques et aux réseaux d’influence qui chuchotent à l’oreille du pouvoir. Traduction pour le bas peuple : entre un ami fidèle qui sait gérer le courrier et un homme d’affaires qui sait faire fructifier le carnet d’adresses, le cœur de notre milliardaire de Premier ministre n’a pas balancé une seconde. La fidélité, c’est joli dans les romans, mais dans l’arrière-boutique du RNI, ce sont les chiffres qui gouvernent.
Baitas repassera, Chouki encaisse. Business as usual !



