POLITIQUE & CUISINAGES

Crise constitutionnelle | Le gouvernement Akhennouch sur le banc des accusés

Le gouvernement a-t-il confondu la constitution avec un carnet de brouillon ?

C’est un exploit qui méritait bien un cocorico, ou plutôt un canardement en règle. Le gouvernement d’Aziz Akhennouch vient de s’offrir une place de choix dans le livre des records du Royaume : celui du plus grand nombre de râteaux législatifs ramassés en un temps record auprès de la Cour constitutionnelle. Un nettoyage par le vide qui force l’admiration.

Rabat – Al Ousboue

Un tir groupé dans le décor

Dans la ligne de mire des sages de la Cour, ce n’est pas de la petite monnaie législative qui a été recalée, mais du lourd, du sur-mesure :

  • Le Code de procédure civile : Recalé.

  • Le Code de procédure pénale : Toqué.

  • Le statut des adouls : Renvoyé à ses chères études.

Et ce n’est pas fini ! En coulisses, les parieurs s’affolent déjà sur le sort de la future loi régissant les avocats, promise elle aussi à un bel avenir de papier peint pour les bureaux de la Cour. À ce niveau de recalage systématique, ce n’est plus du travail législatif, c’est du sabotage artistique.

La Constitution ? Connais pas.

Il faut dire que l’exécutif a de la suite dans les idées. Pourquoi s’encombrer de concepts aussi assommants que la « transparence », « l’intégrité » ou la « prévention des conflits d’intérêts » ? Des broutilles pour idéalistes ! La Constitution de 2011 avait pourtant été vendue comme le rempart ultime des libertés citoyennes. Douze ans plus tard, le gouvernement Akhennouch l’utilise plutôt comme un vulgaire paillasson pour s’essuyer les bottes avant d’entrer au Conseil des ministres.

La note du Volatile : Pour ses détracteurs, la « violation constitutionnelle » est devenue la véritable marque de fabrique de ce gouvernement. À tel point qu’on murmure à Rabat que si l’inconstitutionnalité était cotée en bourse, l’équipe au pouvoir aurait déjà fait fortune.

Reste à savoir jusqu’où l’exécutif pourra pousser le bouchon avant que la Cour ne confisque définitivement les stylos des ministres. En attendant, le spectacle est gratuit, et il vaut le détour.

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