
La pré-campagne entre les partis de l’Istiqlal et du RNI a démarré par les sorties médiatiques de leurs secrétaires généraux, Nizar Baraka et Mohammed Chaouki, qui exposent chacun leur diagnostic des désordres de l’économie nationale et de la crise pesant sur les classes moyennes et populaires. Pendant ce temps, les lobbies continuent d’influencer le marché.
Rabat – Al Ousboue
Ah, la belle pré-campagne : deux partis, deux recommandations, et un grand concours de cirage de pompes électorales. D’un côté, Nizar Baraka, qui découvre l’eau tiède et décide de la baptiser « projet stratégique ». En clair, frapper les spéculateurs et les intermédiaires coupables de vider les bourses des ménages dans une guerre contre « el hamza et el fraqchia », et propose rien de moins que des « sociétés nationales de distribution » pour rétablir l’ordre divin des prix. Comprenez : l’État qui joue les grands distributeurs quand le marché fait des siennes.
De l’autre, Mohammed Chaouki, qui brandit le drapeau sacré de l’économie de marché comme on agite un mouchoir blanc pour calmer les ardeurs. Pas touche à la concurrence, pas touche au marché libéral : on régule, on responsabilise, on évite les retours en arrière. Il nous rappelle, avec une délicatesse toute politique, que certaines expériences passées avaient leurs défauts.
Bilan : entre le rêve de Baraka d’organiser la distribution comme une administration publique et la foi inébranlable de Chaouki dans le grand bazar régulé, aucun citoyen n’y comprend plus rien, sauf peut‑être les lobbyistes, qui, eux, continuent de faire leur marché en toute sérénité. Pendant que les deux se chamaillent pour gagner à la fois le cœur des affaires et celui du peuple, la vraie question reste : qui va payer la facture du consommateur ?



