ECONOMIE & MONOPOLY

Miracle sur le poulailler : quand l'abondance plume les éleveurs

Poulet à prix cassé : faut-il interdire aux poules de pondre pendant l'Aïd ?

C’est un séisme de basse-cour que la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) a tenté de conjurer, ce 12 juin, à coups de communiqués lénifiants. Le dindon de la farce ? Le prix du poulet et de l’œuf, qui dégringole.

Rabat – Al Ousboue

Pour expliquer ce drame national où le consommateur sourit et l’éleveur pleure, la FISA a sorti sa plus belle plume bureaucratique : nous traversons une « situation conjoncturelle marquée par une offre supérieure à la demande ». En clair et en décodé : les poules ont trop pondu, les poulets ont trop grandi, et le client, ce lâche, a le bec fin.

La faute au mouton (et à la surproduction)

Pour justifier ce trop-plein de cuisses et d’ailes, la Fédération pointe du doigt deux coupables parfaits :

  • L’excès de zèle des couveuses : Les capacités de production ont explosé ces derniers mois. On a investi, on a modernisé, on a optimisé… et on se retrouve avec des montagnes de volatiles sur les bras.

  • Le complot de l’Aïd El-Adha : À l’approche de la fête, le Marocain commet l’infidélité suprême : il boude le poulet pour lorgner vers le mouton. Un « report traditionnel de la demande vers les ovins », soupire la FISA, qui n’avait visiblement pas vu venir le calendrier lunaire.

Le constat qui fait mal : Ces prix « particulièrement bas » tordent le cou aux revenus des éleveurs. Heureusement, la Fédération rassure son monde : pas de panique, les « fondamentaux » (comprendre : les gros investissements et notre ego) restent solides. Tout va bien dans le meilleur des mondes possibles, le sinistre n’est que passager.

L’art de voler au secours du marché

Face à ce péril jaune (d’œuf), quelle est la solution ? Plus de capitalisme, bien sûr ! Tout en réaffirmant ses vœux de mariage avec les « principes de libre concurrence et de liberté des prix » (n’allez surtout pas parler de régulation), la FISA appelle l’État à la rescousse pour « structurer l’aval ».

Traduction : il s’agirait d’accélérer l’export, la transformation et la distribution.

En attendant le retour des vaches grasses (ou plutôt des poulets chers), la FISA se dit « mobilisée aux côtés des pouvoirs publics ». Une belle image de solidarité pour piloter le « retour progressif à un meilleur équilibre ». Les consommateurs sont prévenus : profitez des omelettes bon marché, la Fédération travaille activement à faire remonter l’addition.

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