Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances, vient de faire une sortie… qui sent le gasoil. En défendant l’augmentation du budget alloué aux véhicules administratifs — 3 milliards de dirhams pour 2024-2025 — elle a surtout réussi à faire chauffer les moteurs de la polémique.
RABAT – Al Ousboue
Pour relativiser, elle compare avec les années 2012-2014, où le budget dépassait les 3,5 milliards. Autrement dit : “On a déjà fait pire, donc ça va.” Une logique budgétaire façon rétroviseur.
Mais en pleine crise économique, pendant que les citoyens comptent les centimes à la pompe, l’État consacre 60 % du budget à carburants et lubrifiants. On appelle ça la solidarité… à sens unique.
Et ce n’est pas tout : véhicules utilisés pendant les congés, trajets personnels, absence de contrôle, traçabilité en mode brouillard… Le parc automobile de l’État ressemble à une flotte fantôme, mais bien réelle sur la facture.
Résultat : les voitures de fonction deviennent des voitures de distraction. Le contribuable paie, le fonctionnaire roule, et la rigueur budgétaire reste coincée dans le coffre.
Pour les observateurs, la ministre ne défend pas un outil de service public, mais un système de rente sur roues. Et pendant que le gouvernement prêche la rationalisation, les véhicules administratifs carburent à l’exception.



