POLITIQUE & CUISINAGES

Urgence à la médina : les artisans croulent sous les dettes, la ministre regarde ailleurs !

L’artisanat en faillite : à quand une taxe sur le fil à coudre ?

C’est bien connu, le Maroc brille par son artisanat local. Ce que l’on sait moins, c’est que nos maîtres artisans excellent désormais dans un nouvel art : l’accumulation de dettes et de PV de retard. Un chef-d’œuvre de précarité ciselé à la main, faute de solutions sérieuses pour sortir ces malheureux de la nasse financière où les a plongés… leur couverture médicale obligatoire. La santé n’a pas de prix, mais elle a visiblement un coût qui donne le vertige.

Rabat– Al Ousboue

Nos vaillants mâallems en appellent aujourd’hui au bon cœur des autorités pour que l’on daigne jeter un œil sur leur carnet de doléances. Il faut dire que le quotidien de l’artisan moderne tient du miracle permanent :

  • Des matières premières aux prix stratosphériques (le cuivre vaut de l’or, l’or vaut du diamant).

  • Des loyers d’ateliers qui grimpent plus vite que le cours du tapis Fassi.

  • Les traites de la CNSS à honorer, sous peine de voir débarquer les huissiers avant les clients.

Nadia, si tu nous écoutes… Devant ce naufrage en haute mer, syndicats et députés ont décidé de secouer le cocotier ministériel. Ils se sont tournés vers la grande prêtresse des finances, Nadia Fettah Alaoui, pour lui demander un geste citoyen : une vraie chance d’éponger les ardoises auprès de la CNSS. Car la précédente opération de amnistie générale a été un franc succès… auquel la majorité des artisans, trop occupés à chercher de quoi manger, n’a pas pu participer. Un détail.

Pour couronner ce chef-d’œuvre de l’absurde bureaucratique, une frange non négligeable de ces créateurs s’est vu refuser l’accès au saint des saints : le Registre National de l’Artisanat. Pas inscrits, donc pas officiellement artisans, donc privés de subventions. C’est l’histoire du menuisier privé de bois parce qu’il n’a pas la bonne carte de membre.

Bref, pour préserver le patrimoine, on repassera. En attendant, les artisans, eux, continuent de broyer du noir. Gratuitement.

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