
C’est le grand frisson de l’été dans les ministères ! La Cour des comptes, d’ordinaire si feutrée, a décidé de jouer les prolongations de la saison des ménages. Sous la houlette de sa cheffe d’orchestre, Zineb El Adaoui, une escouade de magistrats vient de troquer la plume d’oie pour le Kärcher, direction les somptueux bureaux de nos chers établissements et entreprises publics.
Rabat – Al Ousboue
Et là, c’est le drame. Dans les couloirs de la haute administration, l’ambiance est passée instantanément de « dolce vita budgétaire » à « sauve-qui-peut général ». Terrifiés à l’idée de voir leurs petits arrangements entre amis, leurs « légers » bugs techniques ou leurs marchés publics taillés sur mesure étalés sur la place publique, plusieurs directeurs généraux ont eu un réflexe héroïque : ils ont tout bloqué.
La consigne du jour : Surtout, on ne signe plus rien !
D’un coup de stylo magique, les budgets sont gelés, les contrats en cours sont suspendus, et les stylos sont sagement rangés dans leurs étuis. Nos grands patrons, soudain pris d’une crise aiguë de conscience professionnelle, passent désormais leurs journées à éplucher frénétiquement leurs propres cahiers des charges. On n’est jamais trop prudent : un million d’euros égaré est si vite arrivé.
Reste une question : si plus personne ne signe rien pour éviter la Cour des comptes, l’administration va-t-elle enfin fonctionner plus vite ? On parie que non.



