Le ministère des Habous, sous la houlette d’Ahmed Toufiq, a sorti le chéquier : 1,2 milliard de dirhams pour retaper 2 217 mosquées et 299 zaouïas et mausolées fissurés par le séisme d’Al-Haouz. Les morts auront des murs flambant neufs, les vivants, eux, attendront toujours un toit.
RABAT – Al Ousboue
Au menu des restaurations : mausolées de Sidi Abdallah Ghiat, Moulay El Wafi, Sidi Yahya, zaouïas Darqaouia en série, et même la Tijania de Taroudant. Bref, un patrimoine religieux bichonné comme jamais. Pendant ce temps, les sinistrés continuent de dormir sous des bâches, les écoles s’écroulent, et les dispensaires ressemblent à des chapelles abandonnées.
Officiellement, il s’agit d’une “réponse patrimoniale et spirituelle” au séisme. Traduction : on soigne les pierres, pas les plaies. Les élus parlent de mémoire collective, les habitants parlent de loyers impayables. Deux discours, deux mondes.
Le débat est lancé : faut-il investir des milliards dans les mausolées quand les villages alentour manquent d’eau potable et de médecins ? La réponse, elle, semble déjà gravée dans le marbre des zaouïas.



