SPORT EN SUEUR

CAN U17 : Sabordage organisé

Quel bilan pour Fathi Jamal à la tête du football marocain ?

Le football marocain marchait trop droit, il fallait bien que quelqu’un y mette bon ordre. C’est désormais chose faite grâce au génie tactique de Fathi Jamal. Sous sa haute bienveillance, les Lionceaux de l’Atlas (U17) viennent de réussir le tour de force de se faire éjecter de « leur » Coupe d’Afrique à domicile par le Sénégal, avant de poliment abandonner la troisième place à l’Égypte. Un fiasco en bonne et due forme.

Rabat– Al Ousboue

Au royaume du ballon rond, la logique est un vilain défaut. Fathi Jamal l’a bien compris. Alors que le Maroc flottait sur un nuage de succès, porté par une génération dorée et un sélectionneur local, Nabil Baha, coupable d’avoir gagné l’édition précédente et d’avoir hissé ses titis en quart de finale du Mondial au Qatar, Jamal a sorti de son chapeau la martingale absolue : remercier le vainqueur.

Pour remplacer ce coach un peu trop efficace au goût des puristes du canapé, notre visionnaire est allé dénicher la perle rare : un technicien portugais au CV si discret qu’il s’apparente à un secret d’État. Un illustre inconnu dont l’expérience semble se résumer à avoir regardé passer des trains, mais à qui l’on a confié les clés d’un réservoir de talents XXL. Les mauvaises langues, toujours elles, y ont vu une magistrale erreur de casting. Disons plutôt qu’il s’agissait d’un pari sur le vide. Un pari réussi au-delà de toutes espérances, puisque le titre continental s’est envolé.

Forcement, dans les travées, le public marocain commence à se poser des questions d’un patriotisme un brin tatillon. Pourquoi saborder l’expertise locale, qui faisait la fierté du président de la Fédération, Fouzi Lekjaa, pour importer un produit extérieur sur le banc ?

L’apothéose de ce vaudeville footballistique a d’ailleurs été atteinte lors du match contre le Cameroun. Dans les tribunes, Fathi Jamal, voyant son plan parfait prendre l’eau, a été pris d’un soudain accès de fureur, postillonnant sa rage sur les joueurs depuis la main courante. Pendant ce temps-là, sur le banc de touche, notre coûteux stratège lusitanien admirait le paysage, le regard perdu dans le vague, affichant le flegme d’un touriste en goguette qui attend son bus.

Une belle image de cohésion technique qui prouve que si le Maroc cherche encore son football chez les jeunes, il a déjà trouvé son bouc émissaire.

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