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Société | Les adouls crient à la discrimination institutionnalisée

Les dépôts supprimés sont-ils une mesure technique… ou une collusion politique ?

Un bras de fer s’annonce entre les adouls et le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi. La loi 16.22, fraîchement adoptée, est accusée de menacer l’avenir d’une profession enracinée dans le droit malikite, l’identité islamique et les traditions de la bay‘a. Institutionnalisés depuis 1913, les adouls se voient relégués au rang de figurants dans le théâtre judiciaire.

RABAT – Al Ousboue

Au cœur du conflit : les comptes de dépôts. Le Pacte pour la réforme de la justice prévoyait que toutes les professions judiciaires (adouls, avocats, notaires, huissiers) puissent gérer ces fonds. Objectifs affichés : protéger l’argent des citoyens, renforcer la transparence fiscale, lutter contre le blanchiment et sécuriser les transactions. Mais dans la version finale du texte, cette disposition a disparu.

Pour Saïd Essroukh, coordinateur national des conseils régionaux des adouls, c’est une régression grave. Il dénonce un “coup de force législatif” et accuse le ministère d’avoir cédé aux pressions des notaires, qui revendiquent l’exclusivité de la gestion des dépôts. Résultat : les adouls crient à la discrimination et à la collusion.

Ils exigent une révision minimale de la loi pour rétablir l’équité entre professions judiciaires. Pour eux, la suppression du droit aux dépôts n’est pas seulement une injustice corporatiste : c’est une atteinte directe à la sécurité juridique et financière des citoyens.

Ouahbi voulait réformer la justice, les adouls voient surtout une réforme… qui dépose leurs droits chez les notaires.

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