
Le Conseil de la concurrence vient de rendre son bulletin trimestriel sur les carburants, et surprise : il n’y a toujours pas de concurrence. Une révélation aussi inattendue qu’un plein d’essence trop bon marché.
RABAT – Al Ousboue
Selon le rapport, neuf sociétés se partagent 82 % des importations. Une belle performance collective, digne d’un orchestre parfaitement accordé… pour jouer la même partition. Le gasoil, lui, continue de dominer le marché, preuve que le moteur tourne, même si la concurrence, elle, cale depuis longtemps.
Les marges, elles, se portent très bien : 1,35 dirham/litre pour le gasoil, plus de 2 dirhams pour l’essence. De quoi rappeler que si le prix du baril baisse à l’international, la gravité ne fonctionne pas de la même manière dans les stations marocaines : les prix montent vite, mais redescendent avec la lenteur d’un escargot sous calmants.
Le Conseil note aussi que 73 % des ventes passent par les stations‑service, dont 70 % appartiennent aux mêmes neuf sociétés. Autrement dit : un marché ouvert, mais surtout pour ceux qui ont déjà les clés.
Et pendant que les importations augmentent malgré la baisse du baril, le consommateur, lui, ne voit rien venir ; Les baisses se perdent quelque part dans la chaîne commerciale, probablement coincées entre deux marges confortables.
Conclusion du Conseil : un secteur « concentré ». Autrement dit: un marché où la concurrence existe surtout dans les communiqués.



