
RABAT – Al Ousboue
Les moutons ont visiblement appris à faire des miracles. Le ministère de l’Agriculture annonce fièrement 32,8 millions de têtes, pendant que celui de l’Intérieur, plus généreux ou plus distrait, en compte 39 millions. Sept millions de bêtes d’écart : soit un bug statistique, soit un troupeau fantôme qui broute dans les marges du budget.
Quelques plumes jamais avares en coups de corne, ont déjà rappeller qu’en février, on parlait d’un cheptel en chute libre à 18 millions. Et voilà qu’en quelques mois, les moutons auraient doublé, sans clonage ni intervention divine. Pour Abdellah Boukili, cette inflation ovine dépasse les lois de la biologie et frôle les intérêts bien tondus de certains grands éleveurs.
Au Parlement, les députés du PPS ont sorti les fourches : ils veulent savoir qui compte, comment, et surtout pour qui. Car derrière les chiffres, il y a des aides, des subventions, et des petits éleveurs qui risquent de se faire tondre sans anesthésie.
Ce recensement à géométrie variable révèle surtout une chose : quand deux ministères comptent les mêmes moutons, le contribuable finit par ne plus dormir. Et pendant que les chiffres s’emballent, les éleveurs attendent qu’on s’occupe enfin… de la vraie bergerie.



