
À Rabat, la Marina Bouregreg devait incarner le haut standing. Résultat : elle incarne surtout le haut débit… d’infiltrations ! Dans l’immeuble CAM13, les plafonds pleurent, les murs suintent, et les sols transpirent. Les acquéreurs, eux, parlent d’“appartements piégés” : un cauchemar immobilier vendu au prix du rêve royal.
RABAT – Al Ousboue
Entre 2,5 et 4 millions de dirhams investis pour finir à louer ailleurs, tout en continuant de payer 1 000 dirhams de charges mensuelles pour des logements inhabitables. Le standing, c’est donc de payer deux loyers pour un seul toit… percé.
La justice, censée protéger les victimes, prend son temps. Trop de temps. Pendant ce délai, les promoteurs, eux, continuent de dormir au sec. Les familles dénoncent un sentiment d’impunité, renforcé par le silence assourdissant d’Eagle Hills.
Les témoignages s’accumulent : un cadre retraité qui voit son repos s’effondrer avec son plafond, une diplomate européenne passée de l’enthousiasme à la chasse aux rongeurs. Tous posent la même question : si la justice ne protège pas les citoyens, qui le fera ?
À défaut de réponses, le projet royal risque de devenir un symbole d’injustice. Et à la Marina, les vagues ne viennent plus du Bouregreg, mais des appartements eux-mêmes.



