
Le dernier sondage du Centre marocain pour la citoyenneté vient de livrer un verdict sans appel : les partis politiques marocains inspirent autant d’enthousiasme qu’un discours lu à voix basse. Sur 1197 sondés, 92 % n’appartiennent à aucun parti, et les 8,8 % restants semblent surtout là pour rappeler que l’exception confirme la règle.
RABAT – Al Ousboue
Parmi les non-adhérents, 71,6 % n’ont jamais tenté l’expérience, et 76 % refusent toute adhésion future. Autrement dit, même les curieux ont rangé leur carte avant de la recevoir. Le militantisme partisan est devenu une activité aussi populaire que le tricot en plein été.
Et pourtant, 70,6 % ont déjà voté. Preuve que les Marocains ne fuient pas la démocratie, ils fuient juste ceux qui prétendent la représenter. Car 91,5 % jugent la performance des partis faible, et 59,6 % citent les promesses non tenues et le marketing politique trompeur comme raisons principales du désamour. On appelle ça le syndrome du programme électoral : séduisant en vitrine, vide en rayon.
Le processus d’adhésion ? 57,8 % le trouvent facile, mais 42,2 % le jugent opaque. Traduction : on peut entrer, mais on ne sait ni comment ni pourquoi. Et une fois dedans, on découvre que la transparence est un concept réservé aux discours d’ouverture.
Face à ce désaveu, les citoyens réclament des réformes profondes. 89,9 % veulent renforcer le rôle institutionnel des partis, 88,1 % limiter les responsabilités à deux mandats, et 83,8 % dénoncent les conflits d’intérêts. Bref, ils demandent que les partis fassent enfin ce qu’ils promettent… sans attendre la prochaine élection.
Ce sondage confirme une chose : la fracture entre citoyens et partis n’est plus politique, elle est tectonique. Et pendant que les électeurs désertent, les formations politiques continuent de s’auto-congratuler… en comité restreint.



