
Sur l’axe Rabat-Casa, deux nouveaux ponts vont bientôt voir le jour. Mais avant même la pose des fondations, c’est la polémique qui s’élève. La Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM), dirigée par Mohamed Cherkaoui Dekkaki, vient d’attribuer 60 milliards de centimes à Jet Contractor pour construire deux ouvrages à Oued Cherrat et Oued Ykem. Et dans les coulisses, ça grince plus fort que les poutres en béton.
RABAT – Al Ousboue
Le premier pont coûtera 36,3 milliards, le second 23,6. Le tout s’inscrit dans un projet global de 650 milliards de centimes, avec neuf ponts, des ouvrages d’art, et probablement quelques œuvres d’influence. Car Jet Contractor, déjà bien servie par l’Office national des aéroports et plusieurs ministères, semble avoir trouvé le GPS des appels d’offres gagnants.
D’autres entreprises sont dans le coup : Halawi, Moujazine, Sibrob, et les géants chinois China Railway et China Road. Mais c’est Jet Contractor qui attire les projecteurs… et les soupçons. À force de rafler les plus gros contrats, elle finit par ressembler à un opérateur national non déclaré.
Les critères de sélection ? Flous. La concurrence ? discrète. La transparence ? en travaux. Dans un contexte où les infrastructures routières sont scrutées pour leur coût, leur efficacité et leur capacité à ne pas s’effondrer au premier orage, cette attribution fait tache… ou plutôt fait gras.
L’expression populaire « Ajouter du gras sur le dos du bien nourri », résume l’ambiance : les mêmes entreprises, déjà bien servies, continuent de se gaver, pendant que les autres attendent sur le bas-côté, sans GPS ni appel d’offres.



