SOCIÉTÉ QUI CLOCHE

“Wakfat al-Karama” | Les pharmaciens en marche, le ministère en veille

Peut-on encore vendre du paracétamol quand on n’a plus les moyens de payer l’électricité ?

Devant le ministère de la Santé à Rabat, les pharmaciens ont sorti leurs blouses… et leur colère. Baptisée “Wa9fat al-Karama” (Marche de la dignité), la manifestation ressemble à une ordonnance collective contre l’inaction chronique du ministère dirigé par Amine Tahraoui. Le diagnostic est clair : le secteur est en déclin, la réforme est en coma profond, et les officines sont en soins palliatifs budgétaires.

 

RABAT – Al Ousboue

Depuis huit ans, aucune élection n’a eu lieu au sein des conseils de l’Ordre. Un record d’immobilisme qui ferait pâlir n’importe quelle boîte de somnifères. Les décrets d’application du nouveau cadre législatif ? Toujours en attente, quelque part entre le tiroir du ministère et le cloud de l’oubli administratif.

La Confédération nationale des syndicats des pharmaciens tire la sonnette d’alarme : plus de 4000 pharmacies seraient au bord de la faillite. Soit un tiers du réseau national. À ce rythme, on risque bientôt de devoir aller chez l’épicier pour acheter de l’ASRPO [Bon ça c’est déjà le cas].

Le dialogue avec le ministère est qualifié de “formel et excluant” — comprendre : on parle, on écoute vaguement, puis on classe sans suite. Malgré un accord signé en avril 2023, les mesures concrètes tardent à venir. Très tard. Trop tard.

Les pharmaciens ne demandent pas la lune, juste une réforme urgente, une gouvernance transparente, et un minimum de reconnaissance. Car défendre leur profession, c’est aussi défendre l’accès aux soins, aux médicaments, et à une santé publique qui ne dépend pas uniquement des stocks de bonne volonté.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com