
Dans le douar Aït Taleb Ihya, l’eau du robinet a récemment changé de goût… et d’espèce. Odeurs nauséabondes, saveur douteuse, et analyses à l’appui : la nappe phréatique locale a été transformée en bouillon de volaille par une ferme avicole voisine, située à Sidi Ifni. Résultat : les habitants boivent du jus de poulailler, version non pasteurisée.
TIZNIT – Al Ousboue
Le ministère de l’Intérieur confirme : les eaux sont impropres à la consommation humaine. Traduction : elles sont bonnes pour les bactéries, moins pour les citoyens. Les puits ont été fermés, des opérations de traitement lancées, et des mesures annoncées pour “renforcer la protection des nappes”. Mais comme souvent, les mesures arrivent après la marinade.
Ce scandale révèle un classique marocain : l’absence de contrôle sur les activités agricoles et industrielles, surtout quand elles sont bien planquées derrière des murs en tôle. La ferme pollue, l’eau circule, les citoyens trinquent. Et pendant ce temps, les acteurs économiques continuent de gérer les ressources hydriques comme on gère un stock de fientes : à vue, à flux, et à perte.



