À Khouribga, on ne construit pas, on improvise. Une élue municipale, Hanan Ghezil, vient de lever le voile sur une pratique locale bien rodée : l’urbanisme version freestyle, où les certificats administratifs poussent plus vite que les fondations. Dans une lettre adressée au gouverneur Hicham El Madghri Alaoui, elle réclame une enquête. Traduction : quelqu’un pourrait-il enfin lire les plans avant de signer les parcelles ?
KHOURIBGA – Al Ousboue
Le cas du certificat n°7386 est emblématique : 32 m² prélevés sur une parcelle domaniale, validés par le premier vice-président du conseil communal, sans passer par la case “commission d’urbanisme” ni “agence urbaine”. Une opération chirurgicale sans anesthésie réglementaire. Résultat : des constructions de trois étages sur trois mètres de largeur. À Khouribga, on ne bâtit pas des maisons, on empile des couloirs.
La conseillère dénonce un détournement des prérogatives communales. En clair : le conseil communal joue à SimCity, mais sans les règles du jeu. Les divisions foncières se font à la hache, les ventes illégales à la photocopieuse, et le paysage urbain ressemble de plus en plus à un Tetris mal calibré.
Face à ce chaos géométrique, Ghezil appelle à des sanctions. Mais dans une ville où les certificats circulent plus vite que les enquêtes, l’appel risque de se perdre entre deux étages de béton non conforme.



