RÉGIONS QUI RÂLENT

À Taza, le conseil gère, pendant que la ville se débrouille

Le conseil communal sait-il encore où se trouve la ville ?

À Taza, la gestion communale semble avoir trouvé sa vocation : tourner en rond tout en expliquant que ce sont les habitants qui n’ont pas compris le plan. Selon la Fédération de la gauche, le conseil communal a officiellement décroché de la réalité locale, préférant la fuite des responsabilités à l’affrontement des vrais problèmes de la ville.

La Fédération dresse un tableau peu flatteur d’une municipalité plus occupée à déplacer des lignes budgétaires qu’à améliorer le quotidien des citoyens. Les transferts financiers se multiplient, l’argent public circule abondamment… mais sans impact visible. Les priorités des habitants, leurs intérêts et même les droits des fonctionnaires municipaux, eux, restent soigneusement hors champ.

Résultat : une ville gérée à l’improvisation, des choix opportunistes, aucune vision de développement digne de ce nom, et une planification réduite à l’art de repousser les urgences. Pour la gauche locale, le conseil communal porte l’entière responsabilité politique et administrative de cette dégradation progressive, mais bien réelle.

À cela s’ajoute un autre spectacle, très apprécié dans les couloirs municipaux : les querelles internes. Des conflits nourris par des intérêts étroits, totalement déconnectés des souffrances de la population. Pendant que les élus s’écharpent pour des positions et des équilibres internes, la confiance des citoyens dans les institutions continue, elle, de s’effriter à grande vitesse, alimentant tensions sociales et désillusion générale.

Le secrétaire général local de la Fédération de la gauche démocratique, Abdelilah Zriq, n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, ce qui se joue au conseil n’a rien à voir avec Taza : « Ce sont des conflits d’intérêts et de positions, totalement étrangers aux préoccupations de la ville et aux souffrances de ses habitants. Tant que vous ne placez pas l’intérêt de Taza au cœur de vos priorités, vous êtes tous nos adversaires. »

Et de rappeler que le silence face à la marginalisation, à la dégradation des services, à la chute des opportunités d’emploi et à l’absence de perspectives de développement n’est pas une posture neutre, mais une responsabilité politique assumée.

Conclusion de la Fédération : Taza vaut mieux que ces querelles d’élus et ces calculs à courte vue. Ceux qui refusent d’en faire leur boussole morale et politique ne doivent attendre ni indulgence ni neutralité. La gauche locale promet donc de rester fidèle à sa ligne : du côté de la ville, contre les abus, les connivences… et surtout contre le silence.

À Taza, pendant que le conseil débat de lui-même, la ville, elle, attend toujours qu’on s’occupe d’elle.

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