
À Rabat, une planification urbaine ressemble à une mauvaise blague : un stade de hockey flambant neuf, construit à la vitesse d’un sprint olympique pour 280 millions de dirhams, attend son inauguration… mais reste bloqué par un voisin envahissant : l’ancien marché de gros, toujours debout, toujours anarchique, toujours gênant.
RABAT – Al Ousboue
Le nouveau marché d’Akrach, censé libérer le terrain et moderniser l’approvisionnement de la capitale, a lui aussi coûté cher — 600 millions de dirhams — mais s’est transformé en cauchemar logistique : mauvais emplacement, embouteillages garantis, routes à refaire. Résultat : ouverture reportée aux calendes grecques.
Conséquence directe : impossible de démolir l’ancien marché de Yaâcoub El Mansour, qui continue de fonctionner officieusement, générant désordre, opacité et pertes fiscales. Le Conseil de la ville, persuadé que tout serait prêt à temps, n’a même pas prévu de recettes liées à ce marché fantôme dans son budget. Résultat : double fiasco, double hémorragie.
Le contraste est cruel : un stade inutile mais livré dans les délais, face à un marché vital mais enlisé dans ses propres erreurs de conception. L’un brille par sa rapidité d’exécution, l’autre par son incapacité chronique à démarrer.
Au final, Rabat se retrouve avec une équation absurde : un stade de glace prêt à accueillir des patineurs inexistants, mais condamné à rester invisible derrière un marché de gros qui refuse de mourir.



