
Au Maroc, la solidarité internationale a de beaux restes : 241 associations locales ont reçu des financements étrangers, pour un total de 580 millions de dirhams. Une somme rondelette, certes en baisse par rapport à l’an dernier (765 millions), mais qui continue d’alimenter les soupçons : charité désintéressée ou agenda caché ?
RABAT – Al Ousboue
Le gouvernement, lui, préfère serrer la vis. Une réforme du cadre juridique est annoncée pour revoir les critères du statut d’utilité publique et lancer une plateforme numérique de suivi. Objectif affiché : plus de transparence. Traduction satirique : surveiller de près qui reçoit quoi, et surtout pourquoi.
En 2025, seules sept associations ont décroché le précieux sésame de l’utilité publique, portant le total à 257. Un club sélect, qui ouvre droit à des avantages fiscaux et à une légitimité renforcée. Mais pour y entrer, mieux vaut cocher toutes les cases administratives… et politiques.
Reste la grande question : ces financements étrangers servent-ils vraiment à l’éducation, à la santé, à l’environnement ? Ou bien à des causes moins avouables, plus opaques, parfois éloignées des priorités nationales ? Les associations plaident le développement local, les sceptiques redoutent l’ingérence.
Au royaume des ONG, l’argent n’a pas d’odeur… mais il a toujours une provenance. Et tant que la transparence reste partielle, chaque dirham étranger ressemblera à une pièce à double face : aide au développement d’un côté, soupçon d’agenda caché de l’autre.



