
Le projet de loi de finances 2026 promettait de donner de l’air aux clubs professionnels. Résultat : une bouffée d’oxygène suivie d’un étranglement fiscal programmé. Exonération de TVA prolongée, déductions sur les salaires des sportifs… mais avec un compte à rebours : 90 % en 2026, 60 % en 2029. Autrement dit, un ballon gonflé d’un côté, crevé de l’autre.
Al Ousboue – Zoujal BELKACEM
Les clubs, déjà à bout de souffle, voient leurs rêves d’autonomie financière transformés en hors-jeu budgétaire. Les investisseurs, eux, hésitent à miser sur un terrain où les règles changent plus vite que les entraîneurs limogés.
Le paradoxe est total : on encourage les dons plafonnés à cinq millions de dirhams, mais on alourdit l’impôt sur le revenu. On parle de professionnalisation, mais on fabrique de l’instabilité. On promet un tremplin, mais on installe un mur fiscal.
Pendant que la vision royale trace une trajectoire ambitieuse pour le sport national, le gouvernement semble préférer jouer en défense, quitte à transformer le professionnalisme en mirage. Dans ce match, le football marocain risque de finir sur le banc, spectateur de sa propre défaite.



