
Le groupe immobilier Addoha, piloté par Anas Sefrioui — businessman à succès et gendre du chef du gouvernement (ce qui ne gâche rien) — fait des étincelles en Afrique de l’Ouest. Mais sur le sol marocain, c’est plutôt ambiance chantier en panne. La faute, paraît-il, à une qualité de construction qui ferait passer les murs en carton pour du béton armé.
CASABLANCA, Al Ousboue
Au royaume, le béton s’effrite
Alors que les ventes locales s’essoufflent, les critiques sur les finitions des logements s’empilent plus vite que les briques. Les clients marocains, eux, commencent à se demander si “clé en main” ne signifie pas “clé à molette obligatoire”. Résultat : Addoha perd du terrain là où il était censé bâtir son empire.
Mais en Afrique, c’est tapis rouge et grues en fête
Heureusement, l’Afrique de l’Ouest joue les bons élèves. Avec 5 018 unités vendues au premier semestre (+11 %), dont 22 % grâce aux filiales africaines, le groupe peut sabrer le béton. Le chiffre d’affaires atteint 9,6 milliards de dirhams, dont près d’un tiers vient des marchés extérieurs. Comme quoi, quand le sol marocain tremble, le continent africain amortit la chute.
Des bénéfices qui montent plus vite que les immeubles
Côté finances, c’est jackpot : +64 % de bénéfices nets, soit 280 millions de dirhams. La marge brute grimpe aussi, de 23 % à 27 %. Bref, Addoha gagne plus en vendant ailleurs… ce qu’il construit ici avec moins de soin. Un modèle économique qui ferait rougir les architectes et sourire les comptables.
Conclusion : à défaut de bâtir la confiance, on bâtit des bilans
Addoha semble avoir trouvé la formule magique : exporter le savoir-faire, importer les profits, et espérer que les fissures locales ne deviennent trop visibles. En attendant, les clients marocains croisent les doigts pour que leur plafond tienne jusqu’à la fin du crédit.



