
À l’approche du cinquième Forum maroco-golfien de l’investissement, le Maroc s’apprête à enfiler son plus beau costume de plaque tournante. Objectif : devenir le carrefour chic des ambitions pétro-financières du Golfe en Afrique. Traduction : les capitaux circulent, les discours s’alignent, et les poignées de main se multiplient à la vitesse des transferts bancaires.
RABAT – Al Ousboue
Organisé sous le signe du “renouveau et de l’ambition” — deux mots qui font toujours bien dans les communiqués — le forum s’inscrit dans une dynamique géopolitique où le Maroc se rêve en hub arabe, islamique et africain. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), présenté comme le noyau monarchique stable du monde arabe, vient bénir l’opération. Autrement dit : les monarchies parlent entre elles, pendant que les républiques regardent.
Avec Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du CCG, et Faisal Al-Rawas, président de l’Union des chambres du Golfe, la brochette diplomatique est complète. On est à mi-chemin entre Davos version désert et salon de l’investissement sous tente climatisée.
Mohamed Aït Bousellham, président du Forum, déroule les arguments comme un agent immobilier de luxe : position géographique stratégique, plateforme industrielle idéale, accords de libre-échange avantageux, logistique compétitive… Il ne manque plus que “vue sur mer” et “wifi inclus”.
Et pour sceller l’affaire, on rappelle que le Maroc soutient la sécurité nationale des pays du Golfe, pendant que le Conseil suprême du CCG soutient la souveraineté du Royaume. Échange de bons procédés : intégrité territoriale contre intégration financière.
Ce forum s’annonce donc comme une rampe de lancement. Reste à savoir si le décollage profitera à l’économie réelle ou s’il restera confiné aux salons feutrés des investisseurs en Qamis sur mesure.



