RÉGIONS QUI RÂLENT

Berrechid | Un conseil communal transformé en scène judiciaire

La suspension des élus est-elle une sanction ou une répétition générale ?

À Berrechid, le conseil communal ressemble de moins en moins à une assemblée élue et de plus en plus à une troupe de théâtre amateur. Le gouverneur, lassé du spectacle, a sifflé la fin de la pièce : suspension du président Tarik Kadiri, de quatre de ses adjoints et de trois conseillers. Rideau.

Berrechid – Al Ousboue

Officiellement, la sanction s’appuie sur l’article 64 de la loi organique 113‑14. Officieusement, elle repose sur un rapport d’inspection qui ferait pâlir un manuel de corruption municipale : urbanisme à la carte, marchés publics servis à la louche, autorisations commerciales distribuées façon tickets de tombola, et fiscalité locale gérée comme une caisse noire de kermesse.

En attendant que le tribunal administratif de Casablanca tranche, la commune flotte dans un entre‑deux : ni gouvernée, ni abandonnée, mais suspendue comme une ampoule grillée qu’on n’a pas encore pris la peine de changer.

Les acteurs locaux, eux, applaudissent la suspension, y voyant enfin une application du fameux principe de “reddition des comptes”. Mais ils réclament le deuxième acte : que le dossier quitte la scène administrative pour rejoindre le parquet judiciaire. Car à Berrechid, on ne veut plus de simples suspensions, mais des condamnations — histoire de rappeler que la politique locale n’est pas censée être un sport de combat budgétaire.

En attendant, les citoyens assistent à ce vaudeville communal où les élus jouent les absents, l’administration improvise, et la justice hésite encore à entrer en scène. Moralité : à Berrechid, la démocratie locale n’est pas morte, elle est juste en garde à vue.

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