POLITIQUE & CUISINAGES

La lutte anticorruption transformée en slogan recyclable

La probité est-elle un principe ou un accessoire ?

RABAT – Al Ousboue

Hier, Aziz Akhannouch bataillait contre Mohamed Bachir Rachidi, l’ex-président de l’Instance anticorruption, accusé d’avoir des rapports trop piquants. Aujourd’hui, le même chef du gouvernement déroule le tapis rouge à son successeur, Mohamed Benalilou, et promet un « nouveau souffle ». Traduction : on combat les messagers trop bruyants, on cajole ceux qui parlent plus doucement.

Quatre ans de silence, puis soudain l’urgence. Depuis son arrivée à la primature, Akhannouch n’a jamais convoqué la Commission nationale de lutte contre la corruption. Quatre années de coma administratif, puis un réveil opportun, juste au moment où la pression publique monte. Comme par hasard.

La société civile, elle, reste priée de se taire. On vante l’importance d’un front commun, mais on modifie le Code de procédure pénale pour interdire aux associations de déposer plainte sur la gestion des deniers publics. Autrement dit : « participez, mais en silence ».

Quant à la Commission nationale, elle ressemble à un comité fantôme qu’on promet de ressusciter à chaque entretien officiel. On parle de relancer la stratégie nationale anticorruption, mais sans les citoyens, sans les contre‑pouvoirs, et surtout sans les moyens. Bref, une relance qui ressemble à un recyclage de slogans.

Conclusion : au Maroc, la lutte anticorruption est un meuble de salon. On le sort pour les visites officielles, on le range aussitôt après. Résultat : la probité devient un accessoire de communication, et la stratégie nationale un dossier oublié qu’on dépoussière à l’approche des échéances.

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