
À Tétouan, l’hôpital régional ressemble à une salle d’attente sans fin : les patients patientent, les médecins s’évaporent, et l’administration joue à cache-cache. De Chefchaouen à Fnideq, les malades affluent, mais trouvent des couloirs saturés, des portes closes et des spécialistes devenus espèces protégées.
Al Ousboue – Zouheir El Bohati
La visite ministérielle avait promis un électrochoc. Résultat : suppression de postes, nomination d’un directeur flambant neuf… qui n’a jamais pris ses fonctions. Le navire dérive, confié à des intérimaires fantômes et des cadres qui refusent de recevoir les citoyens.
Pendant ce temps, les praticiens préfèrent soigner leurs fins de mois dans les cliniques privées, laissant l’hôpital public en état de coma artificiel. Neurologie et cardiologie ? Des disciplines rares, presque exotiques, qu’on ne trouve plus qu’en brochures.
Quant à l’administration, elle excelle dans le ping-pong bureaucratique : les familles sont renvoyées de bureau en bureau, dans une farce kafkaïenne où les malades jouent les figurants invisibles.
À Saniat Rmel, la médecine publique n’est plus un service, mais une mise en scène. Et les patients, eux, restent cloués au rôle de variable d’ajustement.



