
À Casablanca, le marché de La Krîaa attend sa renaissance comme un client attend sa monnaie dans un souk sans caisse. Officiellement repris par la commune, mais toujours géré façon “brouillon en cours”, le haut lieu du commerce populaire ressemble à un sketch administratif : promesses en vitrine, chaos en rayon.
CASABLANCA – Al Ousboue
Les travaux de rénovation ? Annoncés, repoussés, oubliés, puis réannoncés. L’organisation interne ? Un chef-d’œuvre d’improvisation où chaque étal semble autogéré par le destin. Les commerçants, eux, réclament un plan clair, un dialogue structuré, et surtout… qu’on arrête de les relocaliser comme des colis encombrants.
En coulisses, certains craignent que derrière les discours sur la “modernisation”, se cache une opération immobilière façon “résidence de standing avec vue sur les souvenirs”. Car à force de déplacer les marchés vers la périphérie, on finit par délocaliser aussi la mémoire collective.
Résultat : La Krîaa reste un monument… de patience. Un marché où l’histoire se vend au kilo, mais où la gestion se fait à la criée. Et pendant que les élus parlent de “vision”, les marchands parlent de “survie”. Bienvenue dans le seul endroit où le patrimoine attend son permis de réexister.



