
« Nous avons intégré le gouvernement dans le cadre de la monarchie constitutionnelle, et nous voilà dans la rue à protester »… Ce cri, qu’aurait pu pousser feu Allal El Fassi s’il revenait d’outre-tombe, résonne aujourd’hui dans les voix d’une génération qui pourrait être celle de ses arrière-petits-enfants.
Par Tayeb Alaoui
Ce qui s’est déroulé cette semaine a provoqué une onde médiatique mondiale. Même des radios locales étrangères de villes qui n’avaient jamais prononcé le mot « Maroc » ont soudainement diffusé son nom. La raison ? Les jeunes de la génération Z qui ont levé la main, non pas pour voter biensûr, mais pour descendre dans la rue, via des plateformes que même les vétérans de Facebook ignorent. Ils ont choisi la voie la plus directe pour exprimer, de manière pacifique et civilisée, leur aspiration à une stabilité sectorielle. Mais la réponse sécuritaire de l’État a révélé un dysfonctionnement majeur dans la gestion de la crise, provoquant en retour une réaction vindicative, traduite par des débordements et des actes de vandalisme bien réels. Pour ceux qui ont un doute, aucun Zorro ne se cache derrière ces jeunes ni les dirige, car la génération Z n’a pas besoin d’héros masqués. Elle est née dans un monde numérique, communique à la vitesse de la lumière, et ne croit ni aux bulletins d’information ni aux discours politiques. Les jets de pierres et les destructions de biens publics ne sont pas des actes gratuits, mais des réponses à une défiance profonde. Qu’il s’agisse d’une expression légitime de revendications sociales ou d’une instrumentalisation par des forces invisibles, le constat est le même.
Comme le dit le proverbe français : « Le linge sale se lave en famille ». C’est ce qui va se passer et il se pourrait bien que ce soit Aziz Akhannouch qui se chargera d’étendre ce linge… Lui dont les novices en politique et les « moins connectés » se demandent, après les événements, s’il est revenu de son escapade italienne..
Maintenant, ce qui est fait est fait, et des sources murmurent une maîtrise imminente de la situation, mais ce qui restera, au-delà des slogans et des pierres, c’est l’image du Maroc à l’international, écornée en moins de 48 heures. Une image que l’État a tenté de polir pendant une décennie à coups de milliards : entre les cabinets de conseil en communication, les agences de lobbying, et les stratégies de soft power, tout cela s’est effrité… Le temps d’un week-end…



