
Une morsure, un refus de soins, et une plainte pour diffamation : bienvenue dans le feuilleton communal de Ouarzazate, où même les chiens enragés doivent présenter un justificatif de domicile.
Ouarzazate – Al Ousboue
L’affaire débute avec une fillette mordue par un chien. Urgence sanitaire ? Pas si vite. Le centre communal d’hygiène aurait refusé de lui administrer le vaccin antirabique, motif officiel : elle habite à Tarmigte, pas à Ouarzazate. Autrement dit, la rage est territoriale, et les soins aussi.
Un fonctionnaire de Tarmigte, témoin de la scène, tente d’intervenir. Résultat : non seulement la fillette doit attendre le lendemain pour se faire vacciner à Skoura, mais le fonctionnaire se retrouve accusé d’insultes et de diffamation par le président de la commune de Ouarzazate. Quand on défend une gamine mordue, on finit mordu soi-même… par l’administration.
La commune se défend : pas de négligence, juste une dose administrée à une autre personne, dans une autre commune, la veille. Une précision qui ressemble à un alibi plus qu’à une politique sanitaire.
Au-delà du vaudeville, l’affaire révèle une vérité mordante : l’accès aux soins d’urgence dépend encore de la géographie, des stocks, et du bon vouloir administratif. Et pendant que les communes se renvoient la seringue, les citoyens, eux, comptent les heures… et les morsures.
Conclusion: à Ouarzazate, mieux vaut être un chien enragé qu’un citoyen sans domiciliation. L’un mord, l’autre attend.



