
Des repas immangeables, des retours retardés, des barquettes suspectes et des agences triées sur le volet… sur papier. Voilà le tableau du Hajj version encadrement ministériel. Depuis plusieurs semaines, les témoignages de pèlerins s’accumulent : indigestion généralisée, logistique défaillante, et sentiment d’avoir payé cher pour un service au rabais.
RABAT – Al Ousboue
Face à la grogne, la ministre du Tourisme Fatima Zahra Ammor s’est fendue d’une réponse parlementaire où elle vante la rigueur de son département, la compétence des agences sélectionnées, et la solvabilité des prestataires. Pendant que les fidèles prient pour digérer, la ministre récite les standards de qualité comme un chapelet administratif.
Les repas, fournis par des sociétés sous-traitantes saoudiennes ou égyptiennes, ont coûté des millions… pour des barquettes à peine consommables. Quant aux retards de retour, la ministre reconnaît une “erreur de coordination” et promet de “mieux faire”. Autrement dit : on a raté le vol, mais on vous enverra un communiqué.
Pour les observateurs, le Hajj ressemble de plus en plus à une opération commerciale opaque, où le sacré se vend en package, la foi s’emballe en brochure, et le pèlerin devient client captif d’un système qui transforme la spiritualité en business mystique. Résultat : confiance en chute libre, estomacs en révolte, et gouvernance en pèlerinage vers l’irresponsabilité.



