
À Sidi Bennour, sept élus de la commune de Tamda viennent d’être officiellement déchus de leurs fonctions. Pas pour absentéisme, pas pour incompétence — ça, c’est rarement sanctionné — mais pour une innovation locale : la reconnaissance de dettes comme garantie d’alliance électorale. Autrement dit, la démocratie sous hypothèque.
SIDI BENNOUR – Al Ousboue
L’affaire remonte à 2022, quand la Brigade nationale de la police judiciaire débarque à Tamda avec une plainte et des copies certifiées de ces fameux papiers. Les élus avaient visiblement confondu le conseil communal avec une agence de prêts rapides. Résultat : trois mois de prison avec sursis, 10 000 dirhams d’amende, et une réputation en solde.
Six élus de l’Istiqlal et un du RNI : un casting bipartisan pour un scénario digne d’un vaudeville judiciaire. La Cour de cassation a confirmé, le gouverneur a appliqué, et les sièges sont désormais vacants. Place aux élections partielles, où l’on espère que les bulletins remplaceront enfin les reconnaissances de dettes.
Ce feuilleton relance le débat sur les pratiques électorales locales. À Tamda, la transparence n’est pas encore dans les urnes, mais au moins, elle commence à apparaître dans les jugements.



