
RABAT – Al Ousboue
Sous la tutelle du ministère de la Transition numérique, dirigée par Amal Seghrouchni, l’Agence de développement numérique semble avoir bien compris le mot “développement” : surtout celui des budgets. Gouvernance floue, dépenses opaques, et contrats qui font bugger la logique comptable… bienvenue dans le cloud de la controverse.
100 millions de centimes pour des chauffeurs, alors que les véhicules de service tournent déjà à plein régime. Deux sont même affectés au directeur général, histoire de ne pas rater le virage budgétaire.
161 millions de centimes pour la maintenance d’une plateforme numérique, malgré la présence d’ingénieurs maison. Apparemment, le code source est plus facile à externaliser que la responsabilité.
Recrutement d’experts externes, sans justification claire. On appelle ça “renforcer les compétences”, surtout quand les compétences internes commencent à poser trop de questions.
Et cerise sur le serveur : le salon GITEX à Marrakech, plusieurs millions de dirhams engloutis, pour des retombées aussi concrètes qu’un NFT dans le désert. Une opération high-tech qui laisse surtout un arrière-goût low-trust.
Résultat : l’agence semble évoluer en mode “autonomie totale”, avec une gouvernance qui ressemble à un algorithme sans contrôle parental. Le ministère de tutelle regarde, mais ne touche pas. Et pendant que les finances publiques sont scrutées, les marchés publics s’envolent… sans mot de passe.



