
Au ministère de l’Aménagement du territoire, on ne construit plus seulement des logements : on bâtit aussi un climat de méfiance. Les nouvelles caméras de surveillance, installées jusque dans les vestiaires des femmes et reliées au téléphone d’un responsable, transforment l’administration en plateau de téléréalité.
RABAT – Al Ousboue
Officiellement, il s’agit de sécurité. Officieusement, c’est surtout un casting permanent : chaque agent devient figurant d’un film de contrôle sans fin. Le syndicat dénonce une atteinte flagrante à la vie privée, un dispositif sans base légale, et une intrusion qui ferait rougir même les scénaristes (…).
Résultat : les fonctionnaires travaillent désormais sous l’œil invisible d’un supérieur connecté, pendant que la transparence administrative, elle, reste hors champ. La probité se mesure en pixels, la dignité en gigaoctets, et la confiance en nombre de caméras éteintes.
La question n’est plus de savoir si l’administration est efficace, mais si elle est filmée en haute définition



