
Le gouvernement a décidé de réduire les droits de douane sur les importations de médicaments : de 30 % à 2,5 %. Une cure d’allègement fiscale qui, selon l’exécutif, devrait stimuler la concurrence et faire baisser les prix. Mais pour l’opposition, c’est surtout une ordonnance sur mesure pour les grands importateurs déjà accusés de profits XXL.
RABAT – Al Ousboue
Le paradoxe est savoureux : Fouzi Lekjaa, ministre délégué au budget, avait lui-même reconnu devant la CGEM que certaines entreprises réalisaient des marges atteignant 300 %. Il avait jugé “inacceptable” l’écart entre la valeur déclarée en douane et le prix final payé par les patients. Et pourtant, voilà qu’on leur offre une réduction douanière digne d’un solde de fin de saison.
Le gouvernement plaide la compétitivité, mais les critiques dénoncent un cadeau fiscal qui risque d’assécher l’industrie pharmaceutique nationale et de laisser les ménages avaler la pilule… au prix fort.
Quand les droits de douane tombent, les profits montent. Et les patients, eux, continuent de payer la facture, sans ordonnance de remboursement.



