RABAT – Al Ousboue
À Rabat, on a pensé cette semaine à Mehdi Ben Barka, disparu en 1965, soixante ans de mystère, soixante ans de silence, et toujours la même rengaine : « enquête en cours ». Une enquête si longue qu’elle pourrait bientôt figurer au Guinness des records de l’instruction éternelle. Le Même scénario a l’air de se tracer pour..
Hussein Manouzi, militant enlevé en 1972 et volatilisé depuis. Cinquante-trois ans plus tard, sa famille réclame au moins une vérité, mais obtient surtout des courriers polis et des promesses creuses. Comme quoi des fois, on ne restitue pas les dépouilles, on restitue des communiqués..
Pourtant, le Maroc a signé toutes les conventions internationales contre les disparitions forcées. Sur le papier, la transparence est totale. Dans la pratique, c’est plutôt du papier carbone : les mêmes engagements recopiés, sans suite concrète. Le Conseil national des droits de l’Homme, censé suivre les recommandations de l’Instance Équité et Réconciliation, préfère visiblement suivre… le calendrier des retards.
Les familles rappellent que la mémoire n’est pas un obstacle à la réconciliation, mais sa condition. Mais l’État, lui, semble considérer que la meilleure réconciliation, c’est l’amnésie collective.
Les disparus ne disparaissent jamais vraiment : ils hantent les discours officiels, les cérémonies commémoratives et les consciences citoyennes. Mais tant que les dossiers resteront enterrés plus profondément que les corps, la réconciliation nationale restera un chantier… fantôme.



