ECONOMIE & MONOPOLY

Deglet Nour | La star du Ramadan se retrouve en quarantaine commerciale

15 000 tonnes bloquées : protection du marché ou sabotage diplomatique ?

Le Maroc a réactivé ses quotas d’importation de dattes avec la délicatesse d’un coup de massue, laissant 15 000 tonnes de cargaisons tunisiennes coincées au port de Casablanca comme des passagers sans visa. Résultat : exportations à l’arrêt, exportateurs tunisiens furieux, et ambiance commerciale digne d’un Ramadan sans ftour.

Casablanca – Al Ousboue

La variété « Deglet Nour », star incontestée des tables marocaines et introuvable localement, se retrouve soudainement persona non grata, pendant que d’autres dattes venues d’Égypte, d’Arabie saoudite ou de Jordanie continuent de défiler sans trop d’encombres. Les Tunisiens, eux, découvrent que la régulation marocaine peut tomber plus vite qu’une datte trop mûre.

Ghazi Rouissi, patron de « Bayt Ettamr », explique qu’un simple coup de fil avant la fermeture du marché aurait évité à tout le monde de jouer à la roulette portuaire. Mais visiblement, la diplomatie commerciale n’était pas au menu.

Avec 404 000 tonnes produites cette saison (dont 347 000 de Deglet Nour) et un Maroc qui absorbe 22 % des exportations, la Tunisie voit son principal débouché se transformer en mur douanier. Pendant ce temps, certains professionnels marocains dénoncent des dattes importées « reconditionnées » ou de qualité douteuse, histoire de rappeler que la concurrence étrangère n’est pas toujours un cadeau.

Au final, tout le monde s’accorde sur un point : protéger la production marocaine, oui. Le faire comme une embuscade commerciale, un peu moins. Résultat : une crise diplomatico‑dattière qui aurait pu être évitée avec un minimum de préavis… ou de bon sens.

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