
À Ounan, commune rurale de Chefchaouen, le président du conseil communal a trouvé la solution miracle aux coupures d’eau, aux routes impraticables et au manque de transport scolaire : un terrain de football flambant neuf à 3,56 millions de dirhams… dans son propre douar, Oulassen.
Chefchaouen – Al Ousboue
L’opposition crie à l’“électoralisme” : quand les habitants réclament des fontaines, on leur offre des cages de but ; quand ils demandent l’électricité, on leur promet des projecteurs de stade. Bref, un terrain de prestige pour masquer un terrain miné de précarités.
Les défenseurs du projet, eux, assurent que le ballon rond peut structurer la jeunesse. Certes, mais difficile de jouer en crampons quand on marche encore des kilomètres pour aller chercher de l’eau.
Résultat : un bras de fer qui illustre à merveille le dilemme rural marocain. Faut-il investir dans des services vitaux ou dans des pelouses électorales ? À Ounan, la réponse est claire : mieux vaut un terrain de foot bien arrosé qu’un village bien desservi.



