
À force de courir après les résultats, l’athlétisme marocain a fini par perdre le souffle… et la direction. Depuis près de vingt ans, Abdeslam Ahizoune préside la Fédération royale marocaine d’athlétisme. Et depuis presque autant de temps, les podiums internationaux se font rares, les talents se font discrets, et les gradins se font bruyants — surtout quand ils scandent “Ahizoune dégage”.
Hormis quelques éclats individuels (merci El Bakkali), le bilan collectif ressemble à une piste d’entraînement abandonnée : fissurée, poussiéreuse, et sans chronomètre. Le sport roi est devenu le sport en veille, coincé entre nostalgie et inertie.
Les critiques ne viennent plus seulement des spécialistes : elles viennent des supporters, des anciens champions, des bancs d’école et même des bancs publics. On parle d’absence de détection, de formation, de méthode, de vision… bref, d’un athlétisme qui court sans plan, saute sans élan, et chute sans amorti.
Pendant que d’autres nations investissent dans la science, la data, et les capteurs biométriques, le Maroc continue de croire que la motivation suffit. Résultat : les médailles s’envolent, les talents s’exilent, et la Fédération reste figée… comme un vieux chrono bloqué sur “2004”.



