RÉGIONS QUI RÂLENT

À Kenitra, les odeurs montent, les solutions stagnent

Le ministère diagnostique-t-il ou désodorise-t-il les responsabilités ?

Dans plusieurs quartiers de Kénitra, chaque soir, c’est le même rituel : les habitants ferment les fenêtres, respirent à moitié, et prient pour que le vent tourne (…). El Mellah, Bab Fès, Khabazat… autant de quartiers transformés en parfumeries inversées, où l’air se consomme avec modération et les narines se plissent par réflexe.

KENITRA – Al Ousboue

La pollution olfactive est devenue chronique, la gêne quotidienne, et la réponse institutionnelle… aromatisée à l’indifférence. Les associations tirent la sonnette d’alarme, les citoyens pétitionnent, et le gouverneur Abdelhamid El Mazid reçoit les doléances comme on reçoit des courriers parfumés : avec détachement.

L’article 31 de la Constitution garantit un environnement sain. À Kénitra, il garantit surtout une lecture passive. Allergies, troubles respiratoires, image touristique en chute libre… tout y passe, sauf les solutions. Le ministère de la Transition énergétique identifie trois coupables : un centre d’enfouissement qui enfouit surtout les responsabilités, des usines qui recyclent l’air en brouillard, et un canal d’eaux usées qui relie l’oued Sebou à la zone humide… et à la zone nauséabonde.

Les usines de papier et de carton, elles, ajoutent leur touche : une ambiance industrielle, façon “odeur d’emploi précaire”. Et pendant que les diagnostics s’empilent, les habitants étouffent, les touristes fuient, et les réseaux sociaux s’amusent à renommer la ville “Kénitra-les-Miasmes”.

Le temps des rapports est révolu. Celui des masques à gaz approche. À moins que les autorités locales ne se décident à respirer un bon coup… et à agir.

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