
À Larache, les habitants ont fini par descendre dans la rue pour dénoncer un danger qui, lui, ne descend plus : les maisons menacées de ruine, surtout dans la médina, où chaque pluie transforme les ruelles en loterie urbaine. Le sit‑in, inédit, vise ce que les manifestants appellent un « silence inquiétant » des autorités, un silence si profond qu’on pourrait presque croire qu’il fait partie du patrimoine immatériel de la ville.
Al Ousboue – Zouheir El Bohati
Les récentes pluies ont fait tomber plusieurs habitations comme des châteaux de cartes humides, tandis que d’autres tiennent encore debout par pure politesse.. Les familles vivent dans la peur, les enfants évitent les murs, et les personnes âgées évitent les escaliers… bref, tout le monde évite tout, sauf les autorités, qui semblent éviter le dossier.
Les habitants assurent que la situation ne supporte plus aucun délai : « catastrophique et dangereuse », disent‑ils, surtout avec la météo qui s’acharne. Ils préviennent qu’à force d’attendre, ce ne sont plus les murs qui risquent de s’effondrer, mais la patience (…) et peut‑être pire.
Pour ne rien arranger, ils rappellent que la vice‑présidente du conseil communal avait demandé, il y a presque un an, l’inscription de deux questions écrites : l’une sur les maisons menacées de ruine, l’autre sur l’état des routes. Deux questions qui ont fini… hors de l’ordre du jour, comme si les effondrements et les nids‑de‑poule étaient des phénomènes saisonniers sans importance.
Les observateurs locaux sont formels : cette indifférence institutionnelle a largement contribué à la dégradation de la situation. Aujourd’hui, Larache cumule les maisons qui tombent, les routes qui s’effritent et les nids‑de‑poule qui s’élargissent à vue d’œil. Une ville où les infrastructures semblent suivre une seule politique ; celle de la gravité.



