
À quelques semaines de la CAN 2025, le Maroc peaufine son rôle… de logisticien continental. Les stades seront prêts, les pelouses tondues, les caméras volantes installées. Mais les contrats, eux, ont déjà pris l’avion : direction l’Italie et le Portugal.
La SNRT, dans un élan de générosité budgétaire, a distribué plus de 26 millions de dirhams à deux entreprises européennes pour produire les images des stades de Fès et Agadir, et équiper neuf enceintes de Spider CAMS. Résultat : des millions pour l’Europe, des miettes pour le Maroc.
Les entreprises locales ? Absentes du terrain. Pas de partenariat, pas de transfert de compétences, pas même un strapontin technique. Le Maroc finance, mais ne capitalise pas. Il organise, mais n’hérite de rien.
Pendant que d’autres pays – Égypte, Qatar, Allemagne – profitent de leurs grands événements pour muscler leur industrie audiovisuelle, le Royaume opte pour la sous-traitance pure. Une CAN sans vision, sans héritage, sans stratégie.
Et comme toujours, la transparence joue les fantômes : appels d’offres flous, critères opaques, concurrence en berne. Pourtant, l’argent est public, et le citoyen aimerait savoir qui décide, sur quelle base, et pour quel bénéfice national.
Conclusion : si la CAN 2025 se limite à une vitrine sans impact, elle risque de devenir un simple spectacle importé. Le Maroc mérite mieux qu’un rôle de régisseur dans sa propre fête.



