
À Midelt, les blouses blanches ne réclament plus des seringues, elles réclament des comptes. Dans les couloirs de l’hôpital provincial et de celui d’Er-Rich, on soigne les patients comme on peut, mais surtout on soigne les nerfs des soignants, mis à rude épreuve par une gestion qui ressemble à une partie de « Dama » entre favoritisme et improvisation.
Midelt – Al Ousboue
Pas de données claires sur les effectifs, des mutations temporaires qui tournent à la loterie, des décisions prises selon l’humeur du jour ou le carnet d’adresses : bienvenue dans la santé publique version roulette administrative.
Les doléances s’empilent comme les dossiers non traités :
– Indemnités de garde et d’astreinte versées avec le rythme d’un patient en bradycardie, – Déplacements sans critères, sauf celui du flou artistique, – Agents exclus du programme de compensation sans ordonnance ni explication, – Et des absences qui se traduisent par des soins en pointillés, quand ils ne sont pas carrément en grève.
Le syndicat national de la santé publique ne demande pas une réforme, juste un réveil. Il pointe la direction régionale du doigt, sans trembler, et réclame une commission centrale d’audit. Autrement dit : un IRM de la gestion, pour détecter les tumeurs budgétaires et les fractures éthiques.
À Midelt, les professionnels ne veulent plus être les figurants d’un système en coma organisationnel. Ils exigent que la santé cesse d’être gérée à l’aveugle, ou du moins sans ordonnance. Car à force de négligence, c’est le serment d’Hippocrate qui finit en note de service.



