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Transport urbain | « Alsa » roule sur l’or, les passagers sur leurs nerfs

Les usagers doivent-ils payer plus pour avoir moins ?

Depuis le 1er juillet, les usagers du bus dans la région de Rabat-Salé-Témara ont découvert une nouvelle fonctionnalité du service Alsa : le ticket à 6,5 dirhams, livré avec hausse tarifaire surprise et absence totale de concertation. Une innovation tarifaire qui n’a pas été testée sur les passagers, mais directement appliquée sur leurs porte-monnaie.

RABAT – A Ousboue

L’entreprise espagnole, déjà bien installée dans le paysage urbain et subventionnée par le ministère de l’Intérieur, semble avoir trouvé la formule magique : plus de subventions, moins de bus neufs, et des tarifs qui montent plus vite que les véhicules eux-mêmes. À Marrakech, certains bus ont même été aperçus en train de rouler… avec leur âge apparent.

Les lignes sont saturées, les sièges grincent, les moteurs toussent, mais les prix chantent. Et pendant que les passagers s’entassent, Alsa encaisse. Le tout sans passer par la case “concertation locale”, ni même un petit coup de klaxon au conseil de gestion déléguée.

La députée Fatima Tamni, elle, n’a pas pris le bus pour poser sa question parlementaire : elle est allée droit au ministre du Transport, lui demandant pourquoi le cahier des charges signé en 2018 ressemble aujourd’hui à un vieux ticket composté. Tarification progressive ? Flotte renforcée ? On cherche encore les preuves… ou les pneus.

Dans un contexte où le coût de la vie grimpe plus vite que les bus en côte, cette hausse tarifaire passe mal. Très mal. Les citoyens dénoncent une double peine : payer plus pour voyager moins bien, tout en finançant un opérateur privé qui roule sur les subventions publiques comme sur des jantes chromées.

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