
RABAT – Al Ousboue
À quelques jours de la rentrée scolaire, le gouvernement Akhannouch a trouvé la formule magique pour alléger les cartables: en supprimant les engagements financiers. Les accords signés avec les syndicats ? Reportés. Les régularisations promises ? Recyclées en silence budgétaire. Les enseignants ? Priés d’attendre le prochain exécutif, ou de se reconvertir en comptables de crise.
C’est Fouzi Lekjaa, ministre des Finances et chef d’orchestre du “non, merci”, qui a sifflé la fin des négociations. Trop cher, trop lourd, trop engagé : les promesses de Younes Sahimi ont été annulées par son successeur Saâd Berrada, qui semble avoir hérité du portefeuille… sans le porte-monnaie.
Résultat : les syndicats se retrouvent avec des accords en papier glacé et des adhérents en ébullition. Les coordinations éducatives, elles, affûtent déjà leurs banderoles, pendant que le gouvernement affine ses éléments de langage. “Priorité à l’éducation”, dit-on. Mais visiblement, pas au financement.
Dans les coulisses, on parle de “report stratégique”, de “révision budgétaire”, voire de “transfert de charge vers l’avenir”. En clair : on repousse, on temporise, on espère que ça passe. Et si ça casse, ce sera pour le prochain mandat.
Pendant ce temps, les enseignants comptent les promesses comme les heures supplémentaires non payées. Et les élèves, eux, s’apprêtent à faire leur rentrée dans un système où l’engagement politique est aussi volatil que la craie sur tableau noir.



