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Santé | La gouvernance sanitaire en coma budgétaire

La Cour des comptes interviendra-t-elle avant la faillite ?

La réforme de la protection sociale devait garantir l’accès équitable aux soins. Elle garantit surtout l’accès équitable… aux fonds publics pour les cliniques privées. Le régime AMO-Tadamoun, censé soutenir les plus fragiles, devient une pompe à cash pour les établissements bien équipés, bien connectés, mais rarement publics.

RABAT – Al Ousboue

Le choix laissé aux bénéficiaires entre hôpital public et clinique privée ressemble à un piège doré : les cliniques raflent les budgets, les hôpitaux publics héritent des pénuries – médicaments introuvables, équipements obsolètes, personnel débordé.

Et pendant que le secteur privé se gave, le Réseau marocain pour le droit à la santé tire la sonnette d’alarme : il réclame un transfert direct des fonds vers les hôpitaux publics, un système de remboursement structuré via la CNSS, et une révision des tarifs nationaux de soins.

Mais la gouvernance, elle, reste en soins intensifs. Transparence absente, contrôle en coma profond. Le Réseau appelle à l’implication de la Cour des comptes pour auditer les dépenses et réveiller les mécanismes de régulation.

Conclusion : la protection sociale ne doit pas devenir un guichet automatique pour les cliniques privées. Sans réforme, le système creuse les inégalités et transforme les hôpitaux publics en dispensaires sous perfusion. Et pendant que le mulet public s’épuise, le secteur privé engraisse… sur ordonnance budgétaire.

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