ECONOMIE & MONOPOLY

RAM | Modernisation promise, gouvernance en turbulence

Combien d'autres prêts faut-il pour continuer à décoller ?

À la Royal Air Maroc, on ne vole peut-être pas souvent haut (…), mais on sait parfaitement aspirer les milliards. Depuis l’ère El Otmani, et avec une remarquable continuité sous le gouvernement Akhannouch, la compagnie nationale a bénéficié d’un déluge de prêts, garanties et perfusions publiques dépassant allègrement le milliard de dollars. Objectif officiel : éviter le crash, moderniser la flotte et rendre la RAM compétitive. Objectif réel : mystère à 30 000 pieds.

Casablanca – Al Ousboue

Malgré cette pluie d’argent public, la RAM continue de donner l’impression d’une compagnie coincée sur le tarmac de la performance. Classements internationaux en chute, services décriés par les voyageurs, compétitivité en berne… Le tout sous la direction d’Abdelhamid Addou, capitaine de bord d’un avion qui consomme beaucoup..

Les milliards injectés n’ont manifestement pas servi à améliorer la gouvernance, ni à instaurer une culture de résultats. Déficits chroniques, dysfonctionnements persistants et opacité managériale composent le plan de vol habituel. Quant aux mécanismes de reddition des comptes, ils semblent avoir été égarés quelque part entre Casablanca et nulle part.

Face à ce feuilleton aérien, la députée Hind Bennani Errtal (PJD) a décidé de sortir le radar parlementaire. Dans une question écrite adressée au ministre du Transport, Abdelssamad Kayouh, elle demande (poliment, mais fermement), ce qu’ont réellement produit les aides d’urgence de 2020 et les financements massifs qui ont suivi. Pourquoi la RAM continue-t-elle de perdre de l’altitude malgré les milliards ? Qui pilote le suivi ? Et surtout : qui rend des comptes à qui ?

La députée s’interroge aussi sur l’efficacité du soutien public, l’usage réel des fonds de l’État et les dispositifs de contrôle censés garantir une amélioration des services. À ce stade, la “bonne gouvernance” ressemble davantage à une option payante jamais activée.

À l’horizon 2030, la situation devient d’autant plus préoccupante que la RAM est censée jouer un rôle clé dans la Coupe du monde. Mais à force d’accumuler les pertes et de repousser les audits sérieux, le risque est grand que les milliards mobilisés pour préparer l’avenir finissent en simples billets aller.

Une chose est sûre : à la RAM, l’argent public continue de voyager en première classe. Les résultats, eux, sont encore coincés en salle d’embarquement.

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